Chers participants, chers directeurs et conseillers, chers invités,
Nous nous sommes tous levés ce matin, avec un toit au-dessus de notre tête, dans un bon lit, et dans le pays où nous choisissons de nous trouver. Nous avons eu la chance de nous laver avec de l’eau chaude. Nous avons pu prendre notre petit déjeuner en mangeant une nourriture de qualité et en buvant de l’eau potable. Nous nous sommes habillés comme bon nous semble, sommes allés librement où nous souhaitions. Nous n’avons pas été harcelés sur notre chemin. Personne ne nous a jamais privés de notre droit à l’éducation et au travail à cause de notre sexe, ni de notre religion, ni de notre couleur de peau. Et nous n’avons même pas réfléchi à tout cela, ne nous rendant pas compte à quel point nous sommes privilégiés. Nous n’y avons tout simplement pas pensé. Nous bénéficions peut-être de ces privilèges depuis le jour où nous sommes nés, nous y sommes habitués et nous ne nous posons plus de questions. Nous vivons dans un rêve...
 
Mais pour des nombreuses personnes la réalité est tout autre. Aujourd’hui, dans le monde entier, il y a des enfants qui ne peuvent pas aller à l’école parce qu’on se donne le droit de les en empêcher, en raison de la situation économique, géographique, ou bien de leur sexe, ou tout simplement parce qu’on en a le pouvoir.
 
 La plupart des femmes ne sont pas rémunérées équitablement en fonction de leur travail, même quand il est strictement identique à celui de leurs collègues masculins. En outre, encore beaucoup de femmes manquent d'indépendance et ne peuvent évoluer conformément à leurs souhaits ou leurs besoins. Ailleurs, des personnes précaires se retrouvent dans les pires conditions, sans domicile fixe, sans accès aux soins, sans accès aux ressources d'eau potable. D’autres se retrouvent réfugiés, leur vie étant menacée dans leur pays parce qu’ils appartiennent à une autre origine ethnique, une autre religion, parce qu’ils fuient la guerre ou parce qu’ils partagent des opinions politiques différentes.
 
 De plus, le risque de se retrouver discriminé nous concerne tous. Cela peut arriver dans notre quotidien car de nombreux droits sont toujours remis en question aujourd’hui. Par exemple, même si l’on ne s’interroge plus dessus, pouvoir accéder à tous les sites web est devenu aussi un privilège. Une fois sur les réseaux sociaux, il est aussi très facile de se faire insulter ou harceler. Personne n’est non plus à l’abri de se retrouver dans une situation de précarité. Enfin, si les droits des personnes LGBT progressent dans de nombreuses régions du monde, ils font toujours partie des plus vulnérables face à la discrimination.
 
Le nombre des personnes exclues par la société est devenue plus grande que la minorité qui se sent à l’aise au sein de sa communauté. On s’est radicalisé, on s’est polarisé. On a peur les uns des autres. Et c’est pour cette raison qu’on traite certaines personnes de façon moins favorable. Pour se sentir hors de danger. Ce danger, qui n’existe même pas, est devenue la force gouvernante de nos vies. On doit vite se rendre compte qu’on ne peut pas avancer séparément. On n’est pas libre, avant que tous soient libres. Cette liberté doit être permise par les gouvernements et validées par les organisations non-gouvernementales. Ceux qui avaient choisi de se comporter aveugle et sourd envers les minorités doivent maintenant corriger leurs erreurs.
 
La question qu’il faut se poser maintenant est la suivante : Que puis-je faire ? Nous avons tous le devoir moral de lutter pour les Droits de l’Homme, si l’on veut conserver nos propres droits. Agissant dans une position extrêmement privilégiée, nous devons nous consacrer à l’idéal d’intégrer tout le monde dans tous les aspects de la vie. Comme l’a dit le Mahatma Gandhi, “Soyez le changement que vous voulez voir dans le monde”. On doit commencer par être éduqué, pour pouvoir reconnaître la richesse de nos différences et faire preuve de tolérance. C’est par la tolérance que l’on peut agir pour complètement éradiquer la discrimination de nos vies.
 
En tant que famille du MFINUE, nous vous proposons donc de venir réfléchir sur la problématique de la discrimination, pendant trois jours de débats où nous essaierons de surmonter nos différences et de nous rassembler. Rejoignez-nous les 16-17-18 Novembre prochains. Nous vous attendons avec impatience !
 
Defne Fresko,
Présidente de l’Assemblée Générale
Modèle Francophone International des Nations-Unies en Eurasie 2018